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L'archevêque Argüello : "La réparation intégrale exige du temps, des personnes et des compensations financières".

Les évêques espagnols approuvent un plan global de réparation pour les victimes d'abus sexuels dans l'Église.

Maria José Atienza-9 juillet 2024-Temps de lecture : 3 minutes

Session plénière extraordinaire des évêques espagnols, juillet 2024

Les évêques espagnols réunis dans le cadre d'une réunion de la session plénière extraordinaire, la cinquième de son histoire, ont adopté trois documents : le Plan de réparation global les mineurs et les personnes ayant des droits égaux, les victimes d'abus sexuels, les lignes de travail qui comprennent le présent plan d'assainissement ainsi que le plan d'action de l'Union européenne. critères d'orientation pour une réparation globale pour les victimes d'abus sexuels sur mineurs ou adultes assimilés en droit.

Au terme de cette Assemblée plénière extraordinaire, le Président de la Conférence épiscopale espagnole, Mgr Luis Argüello a insisté sur le fait que ce plan Réparation intégrale se concentre en particulier sur les affaires dont les portes sont "fermées" en raison de la prescription civile, du décès de l'auteur ou d'autres situations.

"Ce plan de réparation se veut subsidiaire. Lorsque les voies de réparation légales, civiles, pénales, canoniques ou autres sont épuisées, l'Eglise reste ouverte à l'écoute de toute victime", a souligné le président des évêques espagnols. 

Outre les documents, les évêques ont approuvé la mise en place d'une commission consultative, composée de personnes issues de différents domaines, dont l'Église, la psychologie et des personnes proches des associations de victimes. Cette commission aura son propre règlement intérieur sur la manière d'agir. 

Lors de la conférence de presse donnée par Argüello en compagnie du président de la CONFER, Jesús M. Díaz Sariego, Le président des évêques espagnols a demandé aux administrations publiques et à la société de respecter les règles de fonctionnement de l'Église et a expliqué que "ce n'est pas un décret-loi qui oblige, mais plutôt, dans l'Église, nous nous dotons de critères de communion afin que les personnes qui décident qu'elles ont droit à cette réparation puissent s'adresser à un diocèse, ou à une commission consultative pour aborder le chemin de la réparation". 

L'Église, a-t-elle affirmé Luis ArgüelloJe sais que rien en soi ne peut guérir la douleur subie par tant de victimes d'abus, mais nous exprimons notre ferme engagement à poursuivre sur la voie de la réparation et de la collaboration avec le ministère public et les forces de l'État lorsque ces crimes se produisent". 

Ce plan prévoit que, dans le cas hypothétique où une victime ne trouverait pas refuge dans une instance de l'Église, du diocèse ou de la congrégation, elle pourra toujours se tourner vers "une autre porte" pour suivre son chemin de réparation.

Réparation complète

Ce plan de réparation abordera le processus sous différents angles et est en grande partie le résultat de l'écoute des victimes d'abus au cours des dernières années dans différentes parties de l'Église.

Le président des évêques a tenu à rappeler qu'"une réparation intégrale nécessite du temps, des personnes et des compensations financières. Il y a de l'argent, mais aussi du temps et des personnes. L'Eglise répond avec les ressources de sa communion de vie et de sa communion de biens à tout ce qu'elle doit affronter".

Cela signifie qu'en plus du travail d'accompagnement, de prévention et de formation déjà effectué, l'Église devra assumer une éventuelle compensation financière pour les victimes d'abus.

Lors de la conférence de presse qui a suivi, le président de la CEE a expliqué qu'il "n'est pas le chef des évêques" et que l'on ne peut pas être obligé de respecter ce qui a été approuvé lors de cette assemblée extraordinaire, mais il a souligné que le fait qu'il ait été approuvé pratiquement à l'unanimité par les évêques donne une indication de l'engagement de l'Église espagnole dans ce cas. 

Un plan né d'un engagement et non d'une obligation

En ce qui concerne la qualification d'unilatéralisme, dont un membre du gouvernement espagnol avait récemment qualifié ce plan de réparation, le président des évêques espagnols a tenu à souligner que "bien sûr qu'il est unilatéral. C'est notre décision, qui répond à une obligation morale, et non juridique, de notre propre initiative". Argüello a retourné le reproche du gouvernement en soulignant qu'il s'agit pour eux "d'une reconnaissance car lorsque la voie juridique est fermée, il faut ouvrir une porte non juridique".

Argüello et Díaz Sariego ont tous deux souligné la volonté de l'Église de collaborer avec d'autres organismes sociaux et gouvernementaux dans la lutte contre les abus.

Années de travail

"Le travail de réparation de l'Église ne commence ni ne se termine aujourd'hui", a souligné Mgr Argüello. Dans ce sens, le président des évêques et le président de la Conférence espagnole des religieux ont rappelé le chemin parcouru par l'Église "il y a plus de 20 ans, lorsque ces cas de personnes abusées par des membres de nos communautés ont été connus" et, plus particulièrement, au cours des six dernières années.

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